Adolescence et sexualités : qu’est-ce qui est normal ?

Q : Nous sommes inquiets car notre ado de 15 ans semble influencée par les courants actuels renversant ce qui nous semble relever de la nature et de la normalité dans la sexualité.

R : Nous traversons une époque qui n’épargne personne : inquiétudes climatiques, crise sanitaire ou guerre sont autant d’éléments extérieurs inquiétants qui augmentent la pression chez chacun. Cela affecte tout particulièrement les adolescents qui, à peine sortis de l’enfance, sont confrontés à des défis majeurs concernant leur avenir. Ces pressions sont accentuées par des pressions internes qui proviennent des changements pubertaires. Ce passage vers la vie adulte entraîne souvent un grand désarroi, celui de se sentir perdu, sans repères au moment où il s’agit de pouvoir se dégager du sentiment d’emprise vécu dans la relation aux parents. La mise sous tension de leur sexualité pousse les adolescents à chercher des appuis et des valeurs en dehors de leur famille, mais aussi à tester leurs parents face à la tempête intérieure qu’ils traversent parfois.

Quand votre enfant devenu adolescent commence à aborder des questions concernant sa sexualité, quand vous l’entendez parler de « queer », un terme qui vous paraît débarqué d’une autre planète, quand d’un air parfois provocateur, il évoque les débats avec des amis concernant la possibilité de changer de sexe, il vous laisse sans voix… Si pour vous le rôle d’homme ou de femme est une question de nature, ce qui semble prévaloir chez votre adolescent est la liberté de devenir celui qu’il veut être. A votre époque, les tatouages signalaient une marginalisation, aujourd’hui il est socialement valorisé ; il en est de même de la sexualité, qui n’a de cesse d’évoluer, et bien que des tabous soient tombés, elle continue de déranger, de remettre en question.

Ces changements sont liés à l’évolution de la société, cela fait partie de la vie et de la marche du temps. Ces débats existent sous des formes différentes depuis de nombreuses générations, mais ceux qui deviennent parents oublient souvent les conflits de valeurs qu’ils ont eux aussi vécus à leur époque, en opposition à leurs propres parents.

L’adolescence est un terme qui n’est apparu qu’au milieu du XIXe siècle, avec l’industrialisation qui amène une durée prolongée des études, rajoutant des années de dépendance aux parents. Tandis qu’auparavant l’on passait de l’enfance à la vie d’adulte vers 14 ans, l’âge de pouvoir travailler, l’adolescence s’est imposée comme une période bouillonnante de remises en question, de confrontations, de ruptures. Cette phase de la vie pointe du doigt un fossé entre les générations, accentué par la vitesse prodigieuse des développements économiques et socio-culturels. Les adolescents sont en quête de leurs propres valeurs, d’idéaux en rupture avec ceux des parents dont ils ont un besoin urgent de se dégager.

Les jeunes sont en quête d’absolus, de valeurs auxquelles se raccrocher, non seulement à travers les groupes de pairs, mais aussi en s’identifiant aux nouveaux modèles que la culture peut leur offrir. Ils ont un prodigieux attrait pour tout ce qui les différencie des parents et leur permet d’accéder à un sentiment de singularité. La sexualité exprimée sous des formes nouvelles fait partie de ce mouvement d’affirmation, même si les expériences qu’ils en font demeurent souvent chargées d’inquiétudes et d’incertitudes chez ces mêmes adolescents, pour qui des années seront nécessaires à la découverte de qui ils sont au plus profond d’eux-mêmes.

Le processus adolescent suscite une crise à la fois familiale et personnelle, mais il permet de poser les base de l’identité d’adulte vers laquelle jeune va évoluer. Mais il ne doit pas seulement dompter les écarts avec les parents qu’il côtoie dans son quotidien, il doit aussi apprendre à mieux dialoguer avec tout ce qui est profondément et inconsciemment inscrit en lui-même, qui lui est très compliqué à démêler et pour lequel il a généralement besoin de tenir ses parents à l’écart.

Pour le psychanalyste, les questions de la sexualité ne renvoient pas simplement à pouvoir faire ce que l’on veut de son corps, mais surtout à démêler à l’intérieur de soi ce qui ressort chez le jeune de ses désirs inconscients de satisfaire ses parents, ce qui ressort des liens profonds de l’enfance. Ce cheminement progressif le conduit à se découvrir et à devenir plus pleinement lui-même.

Il y a beaucoup d’agitation et parfois de confusion concernant les questions posées autour de la sexualité, et cela n’est pas la particularité de notre époque. Il paraît donc judicieux de ne pas se précipiter dans l’illusion d’une certitude, en dépit de toutes les turbulences qui secouent autant l’adolescent que ses parents. Le plus important est de préserver une capacité d’écoute, ce qui est souvent difficile pour les parents, qui parfois ont besoin d’être écoutés et aidés par un psychanalyste. Rester ouvert est la manière la moins risquée de ne pas s’égarer, car aucune croyance, aucune catégorie ni aucune pratique de la sexualité ne rendront justice à cette singularité absolue qui est liée à l’histoire unique de chacun d’entre nous. En prendre conscience contribue à ce que nous soyons des adultes plus libres et engagés dans le monde si complexe que nous partageons.

Consultations conjugales : problèmes sexuels et sentimentaux

Q : Qu’est-ce qui distingue l’approche d’un sexologue ou d’un psychanalyste ? Je m’entends bien au quotidien avec mon mari mais notre sexualité fonctionne au ralenti.

Psychothérapie : quel coût ?

Q: Je risque de perdre mon emploi car je ne suis plus du tout à mon affaire dans mon travail depuis des mois. Mais j’hésite encore à consulter un psy, car j’ai entendu dire qu’une psychothérapie peut durer longtemps et coûter cher.

Je souffre des tensions sociales liées à la radicalisation face au COVID.

Q : Depuis le début de la pandémie du COVID, j’ai de plus en plus de conflits et de tensions avec mes amis, et même au sein de ma famille, ce qui provoque chez moi une anxiété croissante, ainsi que des problèmes de sommeil. Je n’ai jamais consulté de psy, je ne pense pas avoir de problème psychologique particulier. Est-il utile que je vous rencontre ?

Cabinet de psychologie ou un bon livre ?

Q:  A quoi bon consulter un psy alors qu’il existe tant de lectures consacrées au développement personnel en librairie ?

La crise sanitaire de la COVID-19 augmente-t-elle le risque de troubles psychologiques ?

Q : Depuis le début de la pandémie du coronavirus, j’ai l’impression que quelque chose en moi est en train de lâcher, je suis souvent au bord des larmes, j’ai de la peine à me concentrer dans mon travail. Je n’avais pas connu ce genre de problème dans le passé. Dois-je consulter ou attendre que cela passe tout seul ?

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